jeudi 28 mars 2013

Le goût de l'enfance

Je rebondis sur le joli billet de ma brunette préférée qui parle de l'enfance et des souvenirs qui nous en restent.

Quand je repense à la mienne, la première chose que je ressens, c'est d'avoir été aimée et encouragée par mes deux parents. J'ai comme l'impression que c'est ça la clé.

Non, l'enfance n'est pas pour moi un paradis perdu mais j'arrive à regarder en arrière avec plaisir.

J'ai quelques beaux souvenirs qui me reviennent: les cabanes que me construisait ma mère avec un drap et des pinces à linge, boire avec elle le thé préparé dans ma dînette, les histoires que me lisaient mon père, le bruit du bain de ma mère qui coule et qui me rassure pendant que j'essaie de m'endormir, l'odeur des croissants le dimanche, les départs en vacances en pleine nuit et Julien Clerc qu'on chantait à tue-tête dans la voiture...

Les souvenirs avec ma grand-mère, les longues chemises de nuit qu'elle me prêtait, le bruit des marches qui craquent, moi qui dormais blottie contre elle, son répertoire de chansons inépuisable, ses ronflements qui me faisaient rire, ses tartes aux pommes, son sourire...

Et tous les "je t'aime" que j'ai entendus...

Oui, il y a eu des moments difficiles, ceux que ma mémoire a volontairement effacés, comme on appuie sur "suppr" sur le clavier de l'ordinateur, des regrets, des chagrins, des choses dont on se dit qu'on ne les fera pas quand on sera grands, des deuils.

J'ai une belle relation avec mes parents, un lien très fort nous unit même si nous sommes profondément différents. Ils ne sont pas un modèle auquel je m'identifierais mais un roc sur lequel m'appuyer et dont je sais qu'il sera  toujours là.

Maintenant que je suis mère, j'ai cette angoisse de rater ma relation avec mes enfants, de passer à côté d'eux, de mal faire, de ne pas être pour eux ce roc, de ne pas les aimer assez, de ne pas jouer assez, de ne pas leur donner les armes dont ils ont besoin, de dire la chose qui les marquera à vie sans m'en rendre compte...

Pour moi, ne pas parvenir à créer un lien extraordinaire avec mes enfants serait l'échec d'une vie.

Mais rien de moins facile d'être une bonne mère, osciller entre rigueur et douceur. Tout ce temps consacré à dire "dépêchez vous", à punir, à crier, à rappeler les bonnes manières, recadrer...j'ose espérer que c'est pour leur bien et que ça constituera un socle sur lequel ils pourront se construire.
Pourtant, je me dis que c'est autant de temps que je ne consacre pas aux câlins et aux rires.

Ce questionnement est très présent au moment où je rencontre des difficultés de communication avec ma pimousse cassis qui me fait sortir de mes gonds. Il y a parfois tant de colère en elle que je me demande où j'ai bien pu pêcher. La peur de ne pas avoir cette relation mère/fille que j'ai moi-même avec ma propre mère me hante. J'aimerais trouver la clé pour que notre lien ne se distende pas et en attendant, je continue à lui dire que je l'aime en espérant que c'est ça le plus important.


petits souvenirs d'une cabane...

3 commentaires:

  1. merci ma blondinette pour tes mots qui font écho aux miens...et surtout tu as su exprimer les craintes que j'ai en effet sur ce que je vais transmettre...
    Tu as raison oui. Ce que je voudrais leur offrir c'est notre regard aimant, celui qui m'a parfois manqué petite. Je crois que c'est sur cette base uniquement qu'un enfant pourra trouver son équilibre d'adulte.

    je t'embrasse fort!

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  2. Je crois que cette angoisse que tu ressens, toutes les mamans l'éprouvent. Pour en avoir discuté avec ma mère, tu te demanderas toujours si tu as bien fait, ou ce que tu as mal fait :-(, mais le principal, je crois que c'est de faire de son mieux, et que tes enfants dans quelques années ne se souviendront que du positif que tu leur donnes.
    Plein de bises à vous 5

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  3. profite de tout ce que tu as reçu de positif de ton éducation pour avoir confiance en toi et en ton rôle de mère... Il faut garder le cap. Et par rapport à ta pimousse cassis, dis-toi que tout ne dépend pas de toi... tu fais de ton mieux, c'est ce qui compte. Courage !

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