vendredi 9 octobre 2009

Question d'équité


J'ai été interrogée hier par Sophie sur un sujet qui m'interpelle particulièrement...le souci de l'égalité entre les jumeaux.

Lorsqu'on me demande s'il est difficile d'avoir des jumeaux, je réponds souvent que ce n'est pas l'organisation qui est la plus compliquée.

Non, selon moi, ce sont toutes les questions que l'on se pose sur le fait de savoir si l'on ne favorise pas l'un ou l'autre des deux jumeaux et la culpabilité que l'on peut ressentir.

Quand ils pleurent, quel jumeau prendre en premier alors qu'ils tendent tous les deux les bras? quand ils demandent un calin, par qui commence t-on? A qui donne t-on à manger en premier? qui va devant dans la poussette? est-ce qu'on ne prononce pas toujours leurs prénoms dans le même sens? ce sont autant de questions que l'on se pose en tant que parents de jumeaux.

D'ailleurs, la Bible illustre parfaitement cette peur du favoritisme à travers l'histoire familiale d'Isaac. Pour mémoire, Isaac a épousé Rebecca qui a donné naissance à des jumeaux: Jacob et Esaü. Ils ont des personnalités totalement différentes et ils n’ont aucune ressemblance physique, de sorte qu'on peut en déduire qu'il s'agit de faux jumeaux.

Le récit biblique fait également apparaître qu’Isaac favorise Esaü en tant que premier-né des jumeaux alors que sa femme favorise ouvertement Jacob.

Il s'agit donc bien d'une question à laquelle sont confrontés tous les parents de jumeaux!!

Moi la première, j'ai toujours peur d'en favoriser un au détriment de l'autre et que le second se sente moins aimé. D'ailleurs, comme mon fils était moins en demande de calins, j'avais tendance à en faire beaucoup plus à ma fille qui, elle, adore ça. Puis, j'ai constaté que notre petit bonhomme se mettait beaucoup en retrait lorsque nous étions tous les quatre, ça m'a sauté aux yeux.

J'ai donc pris le taureau par les cornes et ai passé beaucoup de temps avec lui, je lui ai fait plein de calins et ça a marché, il est venu en demander spontanément et je le trouve aujourd'hui beaucoup plus gai et épanoui.

La difficulté avec les jumeaux, c'est que chercher l'égalité strico sensu n'est pas non plus une méthode valable puisque les jumeaux ne sont pas une entité mais bien deux être identiques avec des personnalités différentes!

Pour ma part, les choses sont effectivement facilitées parce que j'ai un garçon et une fille et que je ne m'interroge pas par exemple sur le fait de les habiller pareil (ce qui est souvent recherché chez les jumeaux monozygotes). J'ai d'autres interrogations bien sûr.

Par exemple: dois-je acheter un jouet ou un vêtement à l'un quand j'en achète à l'autre? dois-je comptabiliser mon temps pour savoir si j'accorde autant d'attention à chacun?

Le souci tien au fait qu'on doit partager son temps entre les deux et quand déjà on en manque, c'est loin d'être évident.

Mais la culpabilité, si je la ressens encore parfois est moins présente, j'ai trouvé un équilibre!
Je me dis qu'il faut rester certes rester attentifs au fait de ne pas constamment, par simple habitude, prendre toujours le même en premier et de ne pas penser constamment à eux en termes de jumeaux, tout en respectant malgré tout leur gémellité.

Mais l'égalité à tous prix n'est pas une solution. Le but est de permettre à chacun de trouver son identité. En pensant "égalitaire", je pense qu'on ne favorise pas leur développement individuel (encore une fois, c'est que mon opinion, parfaitement subjective donc!).

Je prends donc soin (du moins, j'essaie!) de respecter leurs besoins propres, de passer du temps avec chacun d'entre eux séparément, de même que l'époux, sans me ballader non plus avec un chrono!!

De toute façon, la gémellité fait que depuis leur naissance, et même avant, ils sont habitués à partager, c'est un fait. Donc j'essaie de leur faire comprendre que je suis leur maman à tous les deux, que je les aime autant et que chacun doit attendre son tour.

Mais effectivement, c'est pas toujours facile à comprendre pour des petits et parfois, c'est la crise.

Et puis on apprend tous les jours, en même temps qu'eux! Au fut et à mesure qu'ils grandissent et que leurs personnalités se construisent, on perçoit beaucoup mieux les besoins de chacun et on s'adapte plus facilement à leurs désirs et à leur rythme.

Le principal, c'est de se dire qu'on fait de notre mieux, non?!

Et chez toi lecteur, ça se passe comment?

photo: Hiroshi Sugimoto, pochette de l'album de U2, No Line on the Horizon

4 commentaires:

  1. Perso, j'ai renoncé à l'équité totale lorsque mes enfants ont eu un an.

    Je n'ai aucun problème à n'acheter que pour un lorsque celui-ci a besoin de quelque chose.

    Je parle en terme de vêtements...

    Pour les jouets, c'est un peu plus compliqué quand même ;)

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  2. C'est ce qui est dur à gérer. Quand les deux se précipitent vers moi à 4 pattes à la crèche le soir, et que je ne peux en porter un..souvent c'est au feeling, et puis la fille est plus demandeuse des bras que le gars.
    Mais j'essaie d'avoir ensuite un moment de jeu avec lui.
    Ou de leur lire un livre d'animaux à tous les deux, même si l'un essaie de l'arracher pour l'avoir que pour lui !

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  3. Pas facile de trouver le juste milieu... Mais je partage tout à fait ton point de vue!

    Pour moi, le plus difficile reste "les chagrins". Lorsque les 2 pleurent et reclament du reconfort en même temps: faut'il réconforter les 2 ensembles, mais à moitié - ou vaut il mieux en prendre 1 seule et la reconforter "completement"...? cruel dilemne!

    Comme le dit TPeaks, il faut de toute facon renoncer à l'équité totale....qui n'existe d'ailleurs dans aucune fratrie!

    Je t'embrasse et merci pour ton billet :)

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  4. merci à vous toutes pour vos commentaires, c'est très enrichissant de vois comment cette question est appréhendée par les autres parents de jumeaux! Je constate qu'on est tous confrontés aux mêmes dilemnes!
    Encore merci Sophie de m'avoir posé cette question!
    Bises

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